Pour accéder au site de la Fiesta cliquez sur l'image
L'édition 2005 renoue avec l'esprit aventurier des premières années et investit les espaces les plus déroutants ! Afin de proposer davantage de convivialité, la Fiesta se déploie désormais sur 25 000 m2 (15 000, l'an dernier) autour du Dock. Avec une salle couverte de 5 000 places sous la passerelle autoroutière , le pari fou d'organiser des manifestations populaires dans des lieux inédits et majestueux, est largement relevé. Les Arènes font également leur retour dans le quartier d'Arenc et la création d' un cabaret sauvage de 1 000 places participent à l'aménagement insolite et féérique qui fait la marque de fabrique de la Fiesta.
Dans les artères de ce site, entre autres, le Restaurant des Suds met en éveil les papilles aiguisées des gourmets, Fiest'Art transforment les containers en galerie d'exposition, le Salon Caraïbes balancent sous ses airs latinos, la Boutique propose les disques et livres, coups de coeur de la Fiesta et les Comptoirs rafraîchissent les soifs les plus tenaces et la tente de prévention routière veille à votre retour à sain et sauf... Ouf ! Un Dock en effervescence comme un hommage aux 5 sens...
Les arènes reviennent en fanfare et deviennent le théâtre d'une capea du 20 au 22 octobre (en présence, sous réserve, de Juan Bautista, Mehdi Savalli et Stéphane Meca) et se transforment, en marché coloré les autres soirs : ambiances africaines, antillaises, latinos, citoyennes...
Et comme le plaisir n'existe que s'il est partagé par tous, les tarifs d'entrée sont clairement à la baisse (15 euros en moyenne par soir) pour permettre à chacun de goûter aux bonheurs de la Fiesta des Suds 2005... Une Fiesta debout... Plus que jamais !
... VIVEMENT OCTOBRE ! ! !
Société
La police gâche le souvenir du 17 octobre 1961
Trajet écourté du défilé en mémoire de la répression contre des manifestants algériens.
par José GARÇON
QUOTIDIEN : mardi 18 octobre 2005
Ils auront fait contre mauvaise fortune bon coeur. «Nous ne pouvons pas aller jusqu'au palais de justice. Nous n'avons pas eu l'autorisation», a dit l'un des organisateurs. Sifflets et huées ont répondu à une interdiction qui a suscité plus d'incompréhension que de rage. Comme si nul ne pouvait saisir que la préfecture de police interdise à 400 à 500 personnes de marcher les trois cents mètres séparant ce bout du pont Saint-Michel du palais de justice de Paris, plus de quatre décennies après la sanglante répression de la manifestation pacifique des Algériens, le 17 octobre 1961.
C'était en pleine guerre d'Algérie. Les forces de l'ordre avaient ouvert le feu et matraqué avec une violence inouïe les 30 000 Algériens venus des banlieues pour manifester à l'appel de l'organisation clandestine du FLN contre le «couvre-feu» instauré par le préfet de police Maurice Papon. Bilan : de 50 à 200 morts, dont de nombreux Algériens précipités dans la Seine.
Hier, ils étaient là, vieux Algériens, jeunes Français nés de parents émigrés, élus de la Mairie de Paris, associations de droits de l'homme, à se recueillir devant la plaque, symbole d'un pan d'histoire si longtemps occulté, que déposa, en 2001, le maire de Paris sur le boulevard Saint-Michel, à une encablure de la préfecture de police.
Hier, vers 17 h 30, Bertrand Delanoë, en plein Conseil de Paris, est revenu avec une gerbe. Appuyés sur une canne, de vieux Algériens déposaient aussi quelques fleurs avec une attention infinie. «Pour qu'on puisse lire les mots, il faut mettre les fleurs sur les côtés.»
Tous s'interrogeaient sur le futur traité d'amitié franco-algérien «Si c'est celui du gaz et du pétrole, ça fera plus de mal que de bien» et de la «stupide loi» qui reconnaît les bienfaits de la colonisation et dont tous veulent l'abrogation.
Et puis, tout le monde s'est dispersé. En se disant que, l'an prochain, ou plus tard, les «officiels» oseront peut-être enfin le mot «massacre» pour octobre 1961.
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